L’Histoire et les Histoires de Boisguérin

Redonner vie à Boisguerin

Une nouvelle histoire s’écrit aujourd’hui

Il était une fois un domaine d’environ 220 ha, endormi depuis presque un siècle, resté dans un état de conservation surprenant. La propriété construite essentiellement entre le XIXe et le milieu du XXe siècle conserve toute son unité et sa complétude. Une maison de maître, des champs des prés, des bois, des espaces de maraîchage, d’élevage, des sources, un lavoir, une pompe bélier et son château d’eau. Tout y est.

De ce lieu des voix se sont fait entendre pour dire la nécessité de préserver et de réveiller la vie.

Si le modèle des séjours de la famille bourgeoise à la campagne y est révolu, un autre modèle, tourné vers l’avenir, se construit aujourd’hui à Boisguérin. Une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) exploite le lieu en développant un modèle économique local. Elle s’inspire de ce domaine unique, respecte le bâti ancien et veille à la préservation des archives et autres trésors laissés en héritage. 

Elle se veut d’abord un lieu de rencontres en milieu rural : une ferme biologique (du maraîchage, un élevage de poules pondeuses de pure race Marans). On appelle cela, en jargon administratif, “un tiers lieu nourricier”, mais c’est aussi et surtout un lieu de vacances sur le modèle de l’agritourisme, avec une offre de locations de gîtes restaurés avec des matériaux naturels et locaux, pour des vacances aussi peu banales que celles des familles de la fin du XIXe et du début du XXe siècle dans la grande maison, profitant du bon air de la campagne deux-sévrienne. Le cadre enchanteur de Boisguérin est aussi un lieu qui s'offre aujourd’hui à vous pour y organiser des rencontres professionnelles, des séminaires d’entreprises.

Trésors d’achives : Des Découvertes permanentes

A Boisguérin, la porte à remonter le temps s'ouvre aujourd'hui pour notre plus grand plaisir. L’enregistrement des archives est en cours ainsi que les photographies de cette documentation précieuse. 

Une histoire longue, à la rencontre de ces vies passées, pétillantes et entreprenantes, de ceux qui vécurent et travaillèrent à Boisguérin depuis le XVIe siècle, dans la métairie. Des propriétaires successifs : un rattachement à la terre et  seigneurie de la Mothe-Saint-Héray, et, au XIXe siècle, une famille bourgeoise aisée de Niort. Métayers, fermiers, jardiniers, pour n'en citer que quelques-uns, s’y succèdent. 

Ces archives, toujours conservées, sont constituées de courriers, de notes, d’actes notariés, de devis, mais aussi de photographies, plans…. Elles racontent l'intime de la vie et des relations, la gestion quotidienne d'un domaine entre le XVIe et le XXe siècle. Elles s'ouvrent pour nous sur une histoire sociale, économique, culturelle : celle d'une propriété familiale bourgeoise du sud des Deux-Sèvres. Une mémoire aussi précieuse qu'exceptionnelle.

Nous vous livrons les résultats de nos premières lectures. Elles feront l’objet d’actualisation tant le volume d’archives est important, les recherches généalogiques riches. A ces documents écrits, s’ajoutent des récits de vie en cours de collectage, témoignages oraux précieux pour comprendre Boisguérin.

Parcourir des siècles d’histoire : en express

  • Nos posts Boisguérin, l’histoire d’un domaine

    Ils se succèdent sur notre page Facebook, pour partager avec vous l’histoire de ce lieu magnifique.

    N'hésitez pas à suivre notre page, à vous abonner, pour ne rien manquer de l’actualité de Boisguérin Tiers Lieu. C‘est ici : 

  • Restaurer et réhabiliter le bâti ancien : à la rencontre des artisans et de leurs savoirs-faire

    C’est aussi à retrouver sur notre page facebook

Des paysages géologiques rêvés, dessinés, photographiés

Autour de Boisguérin, l’histoire des paysages s’est façonnée il y a bien longtemps, il y a près de deux millions d’années. Fascinante géologie tourmentée d’où naissent, au XIXe siècle, les légendes fabuleuses. Un siècle plus tôt, les cartographes sont à l'œuvre et définissent des méthodes d’observation et de codification de ces paysages. Puis viendront les premiers photographes… 

  • Paysages et biodiversité des vallées de Chambrille et des Grenats

“Les vallées de Chambrille et des Grenats se sont formées il y a près de deux millions d’années, à la suite d’un abaissement géologique. De cette genèse atypique résulte un relief tourmenté : deux vallées profondément encaissées, pourvues d’éperons rocheux. L’originalité du site tient également à la nature des roches constituées de granite et micaschiste à grenats. Il est admis que le ruisseau, traversant les micaschistes qui brillent au soleil, reçut le nom de « Champ Brille » alors que son affluent prit l’appellation de « Ruisseau des Grenats » en référence à la pierre semi-précieuse, le grenat, incrusté dans le micaschiste. La grande variété des milieux de la vallée autorise le développement de nombreuses espèces de plantes, allant de la callune sur des sols pauvres, secs et acides en passant par l’orchis mâle à l’aulne glutineux en bordure des ruisseaux, sur des sols humides et riches en alluvions. A cette richesse floristique s’ajoute une faune remarquable : salamandre tachetée, rosalie des Alpes, lucarnes cerf-volant”

Source : Biotope (Agence Loire/Bretagne), Etude de mise en valeur du site de Chambrille. Commune de la Mothe-Saint-Héray. Etat des lieux. Décembre 2003.

En images, on vous emmène à Chambrille.

Avec des cartes postales anciennes (Merci à Dominique Bellecour pour ces cartes postales de sa collection) et quelques photos.Chambrille, c’est notre promenade favorite !

L’importance de ce site de Chambrille est majeur comme le démontre l’étude publiée par Bruno Comentale. La Dame de Chambrille : un géomorphosite au potentiel à développer. Martine Ambert, Nathalie Cayla. Guide pratique de valorisation des géomorphosites, Presses universitaires de Savoie, pp.200-205, 2020.

Bruno Comentale, Le patrimoine géomorphologique. Une introduction au relief de faible énergie. L'exemple du Seuil du Poitou, p. 31-50, Les Cahiers Nantais, 2021. Bruno COMENTALE, Les cahiers nantais, 2021.

  • La légende de la Dame de Chambrille

La légende de la Dame de Chambrille est née sous la plume de Henri Caillon, percepteur à la Mothe de 1878 à 1903 : il la publie en 1885.  

“Jadis, aux abords de la source du ruisseau de Chambrille, qui se jette dans la Sèvre à La Mothe-Saint-Héray, s’élevait le château de la Font Querré. Le châtelain propriétaire des lieux, Amaury, avait une fille d’une grande beauté qu’il avait prénommée Berthe.

Celle-ci tomba amoureuse de son jeune voisin Guy de Trémont, et l’amour de Guy pour Berthe était réciproquement tendre et passionné. Les jeunes gens commencèrent à vivre intensément ce grand amour, se firent des tas de promesses rimant avec "toujours" dans la belle inconscience de leur jeunesse.

Le seigneur voisin, tenant la place de La Mothe-Saint-Héray, le baron Tutebert de Chambrille, compagnon d’armes et ami d’Amaury, demanda à celui-ci la main de Berthe et l’obtint. En ces temps reculés, les filles devaient se soumettre aux ordres de leurs pères. Berthe de Font Querré et Guy de Trémont en furent effondrés de douleur. Berthe devint donc Madame de Chambrille, par son mariage avec le Baron.

Quelques temps plus tard, les deux jeunes gens ne purent résister à la fougue de leur passion amoureuse et se donnèrent rendez-vous la nuit, à mi-chemin entre leurs demeures respectives, dans la vallée, près du ruisseau.

Les rendez-vous se multiplièrent, les amants prolongeaient leurs ébats dangereusement jusqu’à l’aube, et ne se quittaient que lorsqu’ils entendaient le chant du coq du Payré, le plus matinal de tous.

Les absences nocturnes de Berthe furent malheureusement découvertes par Tutebert qui se montra fort soupçonneux. Après avoir mené une rapide enquête, il alla se cacher près du lieu de rendez-vous des deux amants, juste après soleil couché, pour leur tendre une embuscade. Un moment plus tard, au clair de lune, il put vérifier que ses soupçons étaient fondés, et fou de rage, il se jeta sur eux et les poignarda. Berthe de Chambrille en fut clouée sur place et se pétrifia. Elle devint le rocher qui porte son nom désormais : La Dame de Chambrille.

Guy de Trémont, mortellement blessé, se traîna comme il put en remontant la vallée perpendiculaire à celle de Chambrille pour rentrer en son logis, laissant sur son passage le ruissellement de son sang. Ces gouttes de sang devinrent des petits grenats, cailloux charriés depuis ce temps par le ruisseau qui a creusé la vallée, et qui lui ont donné le nom de Vallée aux Grenats. Guy, ayant perdu tout son sang, mourut non loin de son logis de Trémont.

Depuis lors, malgré tout, le ruisseau des Grenats vient mêler ses eaux au ruisseau de Chambrille, comme si, au-delà de la mort, les deux jeunes amants continuaient à s’unir et à se prodiguer de douces caresses.”

Extrait du rapport de Biotope (Agence Loire/Bretagne), Etude de mise en valeur du site de Chambrille. Commune de la Mothe-Saint-Héray. Etat des lieux. Décembre 2003.

  • La carte de Cassini est le document graphique le plus ancien sur lequel figure Boisguérin. 

Réalisée par la famille de cartographes Cassini entre 1756 et 1815, la Carte générale de la France est la première carte générale et particulière du royaume de France. Elle constitue pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. L’exemplaire conservé au département des Cartes et plans de la BnF est l’un des rares aquarellés à la main dans les années 1780. 

On y trouve mentionné “Le Bois Guerain” associé au pictogramme d’un bâtiment qui était alors la métairie. Le relevé met en évidence la topographie et les caractéristiques du territoire : massifs forestiers, reliefs, vallées et rivières, les très nombreux moulins et, bien sûr, le château de la Mothe.

Si vous voulez en savoir plus et découvrir les cartes de Cassini conservées à la Bnf : Carte générale de la France. 068, [Charroux]. N°68. Flle 104 / [établie sous la direction de César-François Cassini de Thury]

  • A partir du XIXe siècle, c’est à la demande des propriétaires de Boisguérin que les photographes se déplaceront

La maison de campagne et le parc

Au XIXe siècle (ou au début du XXe siècle), grâce à 4 clichés, nous connaissons la maison de campagne de Boisguérin, réalisée à la demande de Théophile Frappier. L’intérêt du photographe, peut-être à la demande du commanditaire, se porte sur la façade principale. Les arbres sont déjà plantés depuis longtemps et révèle le charme de cet environnement propice à la promenade, l’étroite complémentarité entre l’architecture et les plantations. 

Dessiné par Pierre Gâteau, (Voir aussi Lettre de Pierre Gâteau à Monsieur Frappier) pépiniériste à Montemboeuf (Charente), le parc s’organise autour de la maison. Grâce au 5 allées rayonnantes, des perspectives de vues lointaines s’ouvrent, à l’est, sur la vallée et les reliefs voisins (Sainte-Eanne et au-delà). Malheureusement, nous ne connaissons pas le dessin initial du parc mais seulement la photocopie d’un croquis,  légendé au dos  : “arbres abattus par l’ouragan de 1934 à Boisguérin 2 Sèvres Les épicéas avaient de 35 à 50 mètres”. 

En 1932, Louis Delalande commandera une série de clichés àMax Ménard, photographe niortais. Les angles de vues sur la maison, l’environnement paysager, les perspectives créées par les plantations du parc, reflètent cet intérêt et la sensibilité du photographe dont nous conservons les échanges de courriers. Pour tout savoir des tarifs pratiqués !

Les vues aériennes, réalisées en mai 1966 par Pichonnier, photographe à Paris

nous permettent de mieux saisir l'organisation des bâtiments autour de grandes entités : maison familiale et parc, maisons des familles des gens de maison (valet de chambre, cuisinière, jardinier), dépendances, jardin, bois. A côté, la ferme de Boisguérin.  

Ces clichés sont aussi des sources précieuses pour connaître le parc avant la tempête de 1999 et voir quelques détails de l’architecture de  l’ancienne métairie de Boisguérin.

Fin décembre 1999, les 26, 27 et 28, les deux tempêtes provoquent des dommages majeurs en France et en Europe, laissant des paysages de désolation.

Boisguérin n’est pas épargné. Après les terribles rafales de vent, le parc est ravagé : plus d’une dizaine d’arbres centenaires, dont le massif des grands cèdres, sont déracinés, arrachés, la couverture de la partie ouest de la maison est gravement endommagée. Après ce choc,  le  parc ne sera pas replanté, l'agencement initial dessiné par Pierre Gâteau disparaît, laissant place à un vaste espace de prairie. La couverture du pavillon ouest sera refaite par l’entreprise Enard, de la Mothe-Saint-Héray. 

Les photographies prises alors en témoignent.

En 2021, à la demande de la SCIC de Chambrille, Didier Darrigrand, photographe, réalise  un ensemble de clichés de Boisguérin. Extérieurs et intérieurs sont à nouveau immortalisés. Le Groupement foncier rural (GFR) vient d’être créé, la Société coopérative d’intérêt collectif de Chambrille (SCIC) a vu le jour : une nouvelle histoire s’ouvre pour Boisguérin. Paysages, architecture, vues panoramique et détails, le regard du photographe éclaire aussi la richesse d’une biodiversité exceptionnelle que favorise un fauchage raisonné de la prairie devant la maison.

L’environnement est de première importance. Située en haut d’une crête, la propriété jouxte le bois du Fouilloux et la forêt de l’Hermitain : un écrin et un ilôt se répondant l’un l’autre. Les champs voisins gardent la trace des déboisements et des remembrements successifs bien qu’un nombre important de parcelles non remembrées forment exceptions. 

Aujourd’hui les exploitations agricoles situées autour de Boisguérin allient polyculture, élevage et production céréalière, la ferme de Boisguérin (Souvigné) est réunie à celle du Fontagnoux (La Mothe-Saint-Héray). 

Cliquez ici pour survoler Boisguérin.

2025. Notre dictionnaire amoureux des arbres et des plantes de Boisguérin est en cours.

Retrouvez- nous sur notre page facebook, rubriques : Les beaux arbres de Boisguérin, Fleurs sauvages, Protéger la biodiversité.

Vous Avez envie d’en savoir plus ?